Forintek: de nouveaux produits nés de la crise du bois d'oeuvre

Publié le par Yves Therrien - Le Soleil - Québec

La crise du bois d’œuvre entre le Canada et les États-Unis a eu des effets pervers pour les États-Uniens en donnant des ouvertures pour de nouveaux produits. Pourquoi ? Parce que des entrepreneurs dans le bois de sciage ont décidé d’innover, de ne pas envoyer du bois d’œuvre, des deux par quatre ou de la planche vers les voisins du sud, mais plutôt du bois d’ingénierie qui n’est pas touché par la surtaxe.

C’est ce que raconte Richard Desjardins, ingénieur, non le poète défenseur de la forêt boréale, mais responsable de la recherche comme directeur Systèmes de construction, chez Forintek situé dans le Parc technologique de Québec, une division de la nouvelle entreprise FPInnovations, née en avril 2007.

« Le litige a poussé les gens de l’industrie à être plus innovateurs, explique-t-il. Des gens comme la famille Fillion qui possède l’usine Chantiers Chibougamau à Chibougamau, sont passés du sciage à la fabrication d’un produit à valeur ajoutée. C’est comme cela qu’est née la poutre Nordiclam faite d’un assemblage de pièces de 2 X 2 considérées comme un résidu et qui n’aurait pas été récupérée ni vendue en bois de sciage. »

À la demande de l’entreprise, Forintek s’est mis au travail avec une équipe pluridisciplinaire pour travailler sur le projet de la poutre Nordiclam. Il fallait faire des analyses de marché en même temps qu’on effectuait des recherches et évaluait les techniques et les systèmes d’assemblage. L’équipe s’attaquait aussi à la certification du produit et au suivi normatif pour que la poutre soit conforme aux normes en vigueur aux États-Unis et en Europe.

Maintenant, le produit est vendu partout. C’est d’ailleurs avec ce type de poutre que le stade de soccer de Laval a été construit. Avec l’aide des chercheurs de Forintek, l’usine Chantiers Chibougamau a pu développer une poutre de bois d’ingénierie et développer par la suite toute une gamme de produits.

« Lorsqu’une compagnie développe un produit d’ingénierie, souligne M. Desjardins, elle fait appel à Forintek parce que nous avons la masse critique d’experts dans divers domaines pour assurer la qualité du produit que ce soit pour les aspects mécanique, chimique, acoustique, la structure, la résistance au feu, etc. » Aujourd’hui, les recherches chez Forintek se poursuivent dans divers domaines touchant les produits de structure et les produits d’apparence avec la préoccupation de maximiser l’utilisation de tout l’arbre et de toutes sortes d’arbres en supportant avec son expertise les entreprises voulant innover en créant de nouveaux produits.

Il y a notamment les combinaisons du bois avec d’autres matériaux comme le béton ou l’acier pour une utilisation optimale du bois aux bons endroits. Des recherches sont en cours, entre autres sur les planchers de bois pour les condos. On analyse différentes compositions de lamelle, puisqu’il n’y a pas que la planche de bois, mais les matériaux composites, pouvant être collés sur le béton en tenant compte des réactions du bois à l’humidité, du vieillissement, des types de vernis, des adhésifs.

« On fait la même chose avec les meubles, poursuit M. Desjardins. Au lieu de perdre du temps pour créer la vis parfaite pour le panneau de particules, l’analyse porte sur des techniques d’assemblage adéquates.

La poutre Nordiclam, que l’on voit derrière Richard Desjardins, a été analysée dans tous ses aspects dans les laboratoires de Forintek, dans le Parc technologique de Québec. (Le Soleil, Raynald Lavoie)

La poutre Nordiclam, que l’on voit derrière Richard Desjardins, a été analysée dans tous ses aspects dans les laboratoires de Forintek, dans le Parc technologique de Québec.
Le Soleil, Raynald Lavoie

 lesoleil.gif
cyberpresse.gif

Voir la source de cet article

Yves Therrien
  -Le Soleil -Québec

Publicité

Publié dans Bois & Forêts

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article